Appel en réponse à la circulaire de la CNAF concernant les contrats
"enfance" et "temps libres"

 

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Lettre technique à la CNAF

 

 

Le 10 février 2007

Mr le Président de la
Caisse nationale des allocations familiales

 

 

 

Monsieur,

Les nouveaux contrats enfance jeunesse sont en cours de mise en application.
Nous nous inquiétons des conséquences négatives pour l’accueil des enfants dans cette mise en œuvre. En effet, la suppression des actions qualitatives, la baisse des taux de cofinancements, la suppression des actions de formation des professionnels de l’enfance (hors BAFA et BAFD), et des actions de communication en direction des familles, nous semblent constituer un grand recul par rapport aux actions mises en place depuis quelques années et dont l’évaluation sur le terrain a été largement positive.

D’autre part, après avoir pris connaissance des modalités d’application de ces contrats, nous nous permettons d’attirer votre attention sur les éléments suivants :
1. Concernant le paragraphe 4.4.1 de la circulaire.
Article 4 : Le taux d’occupation des structures.

«Une réduction à due concurrence de l’écart entre le taux réel d’occupation ou de fréquentation et le taux d’occupation cible fixé par la Cnaf et figurant au contrat.»

Depuis la mise en place de la Prestation Service Unique, les taux d’occupation des établissements petite enfance sont calculés en heures et non plus en jours.
Pour ce calcul, il est nécessaire de calculer la capacité maximum de l’établissement. Sur les documents de compte de résultat (envoyés par la CAF) relatifs à l’occupation d’un établissement, cette capacité maximum est calculée à partir de l’amplitude horaire de l’établissement (souvent 11 ou 12 heures).
Ces amplitudes sont proposées aux parents afin de répondre à un besoin de garde élargi (ouverture tôt le matin et fermeture tardive) mais il est considéré de manière commune qu’un jour de « garde » équivaut 10 heures. D’ailleurs la CAF préconise de considérer qu’une séquence horaire ne peut aller au-delà de 10 heures (même pour des établissements ouverts 11 ou 12 heures). La facturation de 11 heures n’étant prise en compte que dans le cas (considéré exceptionnel), où l’enfant est réellement prévu présent 11 heures consécutives par jour.
Cette heure (voire pour certains établissements ces deux heures) de différence par jour fait diminuer le taux d’occupation des structures de 9 à 10 % quand il est calculé sur la base de l’amplitude totale de l’établissement..
Un établissement ayant une amplitude large pour répondre aux besoins des familles (amener son enfant à 7 heures ou 7 h 30 pour certaines familles, mais pour d’autres, l’amener plus tard et venir le chercher jusqu’à 19 heures par exemple) est donc « pénalisé ».
Cela revient à dire qu’un établissement ayant une amplitude « resserrée » aura, par ricochet, un meilleur taux d’occupation.
Ce système peut conduire des établissements à n’ouvrir que 10 heures par jour. Dans ce cas, où se situent les besoins des familles ?
Où se situe la mission des établissements « de conciliation vie professionnelle et vie familiale » ?
Ceci constitue un risque qui nous semble important de souligner.

Il nous semblerait donc souhaitable de calculer les taux d’occupation pour tous les établissements sur la base d’un jour égal 10 heures.
Cela permettrait une meilleure lisibilité des statistiques et un traitement égalitaire des établissements. Les établissements ayant une amplitude supérieure à 10 heures ne seraient pas pénalisés.

En ce qui concerne les taux d’occupation des centres de loisirs il semble en effet indispensable de les calculer en fonction de la capacité d’accueil prévue au contrat et non pas, comme c’est le cas aujourd’hui, sur la base de l’habilitation jeunesse et sport, (les chiffres de l’habilitation étant des pics maximums de fréquentation et non pas des moyennes).

2. La prise en compte d’un montant plafonné par action
Paragraphe 4.4.1 Article 1

«Le montant du prix de revient pris en compte pour le calcul de la prestation de service enfance et jeunesse s’effectue dans la limite des prix plafonds fixés par la Cnaf et établis par actions.»
Les prix plafonds figurent en annexe à la circulaire.

Nous nous questionnons sur les montants de ces prix plafonds.
Il nous semble évident et souhaitable que les coûts de fonctionnement soient maîtrisés et que chaque gestionnaire soit vigilant et garant d’une «bonne» gestion. Le principe des prix plafonds nous semble donc normal.
Par contre, l’analyse des montants des prix plafonds montre qu’ils ne correspondent pas aux prix de revient moyen des structures.

Ainsi le prix plafond fixé pour un Relais Assistante Maternelle ne permet pas un fonctionnement à temps plein et implique que l’animatrice (en général dotée d’un diplôme de niveau IV) soit rémunérée à peine plus que le SMIC.

L’ensemble de ces plafonds semble extrêmement bas et la plupart des structures ne pourront atteindre ces coûts avec un fonctionnement «normal», des emplois qualifiés, en nombre suffisant, et non précaires.

En ce qui concerne les centres de loisirs, on ne peut comparer les structures municipales (avec du personnel relevant des régimes fonction publique territoriale) et les structures associatives ayant du personnel payé sur la base de la branche animation. (charges salariales bien inférieures)
Ces disparités de contraintes financières existent également pour les structures d’accueil petite enfance, entre les associatives et les municipales.

Enfin, autre exemple, les postes de coordination : Ces professions demandent des compétences techniques, pluridisciplinaires et une expérience professionnelle. Les prix plafonds correspondent à des taux de rémunération légèrement au-dessus du SMIC alors que ces professionnels sont en général des cadres A ou B.

Ces prix nous semble en dehors des réalités de terrain, ils vont non seulement pénaliser les communes signataires des contrats, mais également induire un référentiel de prix de fonctionnement « normal » totalement erroné.

D’autre part, il est à noter que les postes de psychologue, médecin et/ou de psychomotriciens (structures petite enfance) et toutes les actions participant à un accueil de qualité (éveil culturel et artistique, actions de formation, accompagnement à la parentalité etc..) ne figuraient pas dans les prix de revient des structures.
Du fait de la disparition des actions qualitatives dans les contrats, il est bien évident que si les structures maintiennent ces différentes actions (ce que nous espérons), elles vont devoir les intégrer dans leur coût de fonctionnement. Les prix de revient horaires ou journaliers vont donc être augmentés.

Enfin nous souhaiterions avoir deux précisions :
-Ces prix plafonds seront-ils révisés chaque année ? et sur quels critères d’indexations ?
-Le calcul des prix de revient horaires (ou journaliers) des structures seront-ils calculés à partir des heures facturées aux familles ou des heures de présence réelles ?

Etant bien sûrs de votre attention à ces différents points, et dans l’attente de réponses, nous vous prions d’agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.

 

 

Contact : enfance-o-rabais@aisurnet.com

 

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